A l’horizon de l’année 2020, l’enjeu dans les transports consiste pour le Luxembourg à tout entreprendre pour garantir à tous les niveaux de la mobilité les capacités adéquates requises par le fonctionnement socio-économique du pays dans les contextes de la Grande Région et européen. Par une coopération étroite avec toutes les parties prenantes, il s’agit d’opter avec les moyens financiers disponibles pour le déploiement d’une mobilité adéquate et responsable, qui se doit d’adhérer le plus possible aux principes d’un développement durable.
Une politique intégrée et combinée des transports est mise en œuvre pour faciliter la création et l’extension de chaînes de mobilité efficaces, dans la complémentarité entre route et rail, entre transport individuel et transport en commun. Des coopérations utiles au niveau local, régional, national et transfrontalier sont ciblées. Un objectif concret pour l’année 2020 reste celui d’atteindre un partage modal avec au moins 25% d’utilisation des transports publics.
Le réseau routier garde une place de choix dans cette approche intégrée pour assurer les liens extérieurs de l’espace économique luxembourgeois. Des projets existants ou en planification de nœuds d’échange, tels que des gares périphériques, des parkings « Park & Ride » et de couloirs-bus, permettront au fur et à mesure de mettre en pratique lesdites chaînes de mobilité et de désengorger les centres de grande affluence.
Les transports devront respecter les orientations de l’aménagement du territoire et se mettre à son service. Le concept de mobilité intégré « mobil 2020 », le plan sectoriel Transports (PST) et à la base le concept intégré des transports et du développement spatial pour le Luxembourg (IVL / „Integratives Verkehrs- und Landesentwicklungskonzept“) sont, sous forme de documents de planification existants à divers stades d’élaboration, les outils qu’il convient d’affûter et d’exploiter.
Le renouveau du rail et le développement des chemins de fer sont un phénomène en cours, compte tenu de multiples projets nationaux d’infrastructure en cours de planification et de construction. Afin d’atteindre les niveaux d’interconnexion et d’interopérabilité voulus, les capacités du réseau ferré sont étendues et ses systèmes sont modernisés et harmonisés au niveau des normes techniques. A titre d’exemple, l’on peut citer la mise à double voie Pétange-Luxembourg ou encore la nouvelle voie projetée entre Luxembourg et Bettembourg. Le plan directeur gare centrale et l’extension du réseau de parking P&R représentent des améliorations significatives au profit des voyageurs pour ce qui est des transbordements. L’initiative LuxTram créera les capacités de transport indispensables au centre de la capitale dans un futur proche. D’un point de vue économique, l’optimisation des infrastructures multimodales de Bettembourg, base importante des activités des sociétés CFL-Cargo, de CFL-Multimodal et de Lorry-Rail, est un objectif important.
L’amélioration des connexions transfrontalières reste une préoccupation chère au Luxembourg, qui attache beaucoup d’importance à se doter, en coopération étroite avec ses pays voisins, de raccordements ferroviaires internationaux de haute qualité. Développer des stratégies communes – tel que le « Schéma de Mobilité transfrontalière » (SMOT) déjà élaboré avec les autorités françaises – en entamant des négociations avec les autorités belges et allemandes, est une démarche très prometteuse. Le pays se prononce ainsi pour la deuxième phase du TGV Est-européen, pour l’amélioration par le biais du projet Eurocap-Rail de l’interconnexion des trois villes sièges européennes Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg, ainsi que pour la modernisation de la liaison ferroviaire Luxembourg-Trèves (Allemagne).
Au « Verkéiersverbond » revient un rôle prépondérant dans la meilleure organisation des transports publics. Cet établissement public se trouve chargé d’émettre des propositions pour l’amélioration de la planification de l’offre, des services et des systèmes dans les transports publics. L’amélioration des horaires et des correspondances requiert une base de donnes à parfaire en adjoignant au système de tarification « e-Go » un système de localisation national des autobus.
La création d’antennes de la « Mobilitéitszentral » dans la « Nordstad » et à Belval est en outre envisagée. L’objectif d’améliorer résolument l’offre et l’accessibilité des informations disponibles sur les transports dans la Grande Région pourrait mener à la mise en place d’une centrale de mobilité pour la Grande Région. L’éventuelle extension au niveau national du concept du projet pilote de transport « Ruffbus » éprouvé dans le canton de Capellen représenterait un gain remarquable au niveau de la flexibilité des transports publics.
La lutte contre l’insécurité routière s’attache à réduire le nombre d’accidents, en alternant mesures préventives et répressives. La mise en place de radars automatiques à des endroits réputés dangereux est un projet concret en gestation. Etendre le volet de l’analyse des accidents par notamment des audits de sécurité et de signalisation, afin d’en tirer des enseignements utiles, livrera les données pertinentes permettant d’améliorer de manière ciblée la sécurité sur les routes.
La formation est une piste complémentaire qui n’est pas négligée. L’apprentissage du permis de conduire sera révisé pour améliorer la sécurité et pour développer une conduite écologiquement responsable, tout en réduisant les taux d’échec. La mise en service d’un centre de formation spécifique pour chauffeurs d’autobus et de poids lourds est un projet complémentaire en cours de réalisation. Le concept du contrôle technique des véhicules automoteurs sera soumis à un réexamen.
Le cas échéant, le Luxembourg procédera – dans la continuité des mesures actuelles du groupe « Eurovignette » – à l’évaluation de moyens de taxation des poids lourds pour l’utilisation de certaines infrastructures routières en vue d’œuvrer pour une décongestion des centres très fréquentés, en particulier, et d’un rééquilibrage modal, en général.
Compte tenu de son importance pour la connectivité du pays avec l’étranger, et compte tenu également se son rôle majeur de pôle d’emploi, le Gouvernement vise une consolidation de l’Aéroport de Luxembourg, en l’intégrant notamment dans sa politique de diversification en matière de logistique. Devenir l’aéroport de référence de la Grande Région est l’objectif déclaré. Le défi à relever consiste à allier investissements indispensables pour le maintien de sa compétitivité, d’une part, et développement durable par la lutte contre le bruit et la gestion environnementale, d’autre part.
Le Gouvernement considère comme prioritaire la modernisation ainsi que l’extension du Port de Mertert. Ce port fluvial est en effet au Luxembourg un point de transbordement unique en son genre entre les modes fluvial, ferroviaire et routier, ainsi qu’un point de passage primordial de l’économie nationale pour les produits pétroliers et le trafic sidérurgique.