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La cohésion sociale


Au Luxembourg, l’évolution démographique est essentiellement caractérisée par l’immigration d’une main d’œuvre étrangère et le vieillissement de la population indigène.

PNDD

Étant donné que pour les emplois nouvellement crées (environ 3 % par an) une main d’œuvre qualifiée indigène suffisante n’est plus disponible, le pays est tributaire de l’immigration d’une main d’œuvre étrangère. Cette main d’œuvre étrangère contribue aujourd’hui de manière importante en termes nets au financement des systèmes de sécurité sociale sans constituer de charge considérable pour la formation, l’éducation et les pensions.

Cela va changer à l’avenir : elle a droit au paiement des pensions, et ses enfants nécessitent des infrastructures et des établissements d’enseignement. Pour les frontaliers, les droits de pension sont transférés à l’étranger.

À partir de 2020, les dépenses du système de pensions vont augmenter de manière importante suite au vieillissement de la population. Les réserves du fonds de pension seront presque épuisées entre 2020 et 2035.

Étant donné que plus de la moitié des chômeurs de longue durée est constituée de demandeurs d’emploi plus âgés présentant une aptitude au travail limitée, leur (ré-)intégration dans le marché de travail est considérée comme difficile.

L’emploi des jeunes pose également problème. Souvent la qualification des salariés ne correspond pas aux exigences des employeurs. En effet, plus de la moitié des demandeurs d’emplois inscrits auprès de l’Agence de l’emploi ne dispose que d’une formation d’école primaire.

La population actuelle du Luxembourg se compose d’environ 59 % d’indigènes et d’environ 41 % de résidants étrangers. À eux seuls, 43 % des emplois sont occupés par des frontaliers venant de France, de Belgique et d’Allemagne, et 26 % par des non-Luxembourgois résidents, soit moins d’un tiers par des Luxembourgeois. Par contre, 90 % des emplois du secteur public sont occupés par des Luxembourgeois.

Ces tendances peuvent conduire au développement des sociétés parallèles (tant parmi les autochtones que parmi les étrangers) qui se replient sur leur propre identité et risquent de perdre le contact entre elles. Cela vaut surtout pour le taux très élevé d’enfants étrangers dans les écoles (avec des différences régionales fortes).

Les canaux d’intégration habituels ne sont plus opérants ici étant donné qu’ils se basent sur l’existence d’une société majoritaire qui intègre des minorités.